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 Les souterrains de Pluméliau, mythe ou réalité

Hervé OFFREDO / 16ème siècle, 18ème siècle, 20ème siècle Publié le 22/03/2020

Préface

Les anciens de Pluméliau ont des chansons en breton sur le Baron de Kerveno et des légendes autour de souterrains qui allaient de son château au bourg, etc. Une histoire de souterrains est toujours excitante pour les petits ou les grands… Une légende, une belle façon d’enrichir les brèves…

1- Le Baron de Kerveno et les souterrains légendaires, 1550

Reprenons Charles Floquet dans Pluméliau au cours des siècles…

« Restent également les traditions et la légende. On prétend qu’un des seigneurs de Kerveno avait fait creuser un souterrain reliant son château à l’église paroissiale. Le seigneur devenu la terreur de la contrée, l’utilisait, dit-on, les jours où se célébrait un mariage, pour aller attendre la sortie du cortège à la porte de l’église. Il s’emparait de la jeune mariée, la ramenait au château et ne lui rendait sa liberté qu’une semaine plus tard… Une autre version de cette croyance locale affirme que le seigneur de Kerveno guettait les jeunes filles à la sortie de la messe pour les entrainer au château. On affirme même qu’on entend encore – parfois – le terrible seigneur hurler près des douves par les tempêtes d’hiver. »

Il n’y a pas de fumée sans feu… les deux histoires ont un point commun, son intérêt pour la jeune gente féminine de la paroisse. De ce seigneur il reste des bustes… C’est peut-être une tradition mais à la même époque vers 1840 les pierres du château de Kerveno ont été réutilisées…  Sur le mur de la sacristie de l’église de Moustoir Remungol il y a une effigie qui serait celle du Baron avec une coiffure de la Renaissance… Il y a les mêmes spéculations sur le haut de la porte de la grande maison de Kerdaniel, l’effigie est le même !!!

2- Du mythe à la réalité, 1790...

Copie de la lettre écrite par le procureur syndic du district de Pontivy, au citoyen Le Mesle chef de brigade commandant la force armée dans l’arrondissement.

PONTIVY 27 Brumaire, 4ème année de la république française une et indivisible (1).

Citoyen,

Un de mes amis me donne à l’instant les renseignements de la plus grosse importance sur les repaires de chouans, je ne veux pas perdre une minute à vous les transmettre, les voici.

A la hauteur de Pluméliau, à Kerveno, route de Baud, il existe un souterrain qui va jusqu’au presbytère où il doit y avoir une ouverture, et du presbytère à l’église où il y a une autre ouverture. Ce souterrain, dit -t-on, est le magasin général. L’ouverture qui a été pratiquée à Kerveno, ou du moins une d’elle car on croit qu’il y en a plusieurs donne dans une de la douve à droite à l’entrée du chemin.

Le second souterrain qu’on me dénonce est situé au-dessus du moulin de Treusare dans la lande, et va jusqu’au village de Botfau : ce moulin est dans la commune de Guénin.

Le troisième existe encore dans la même commune au moulin de Tellene, mais il n’est pas bien étendu.

Le quatrième est au village de Jugon, commune de Baud ; dans un taillis, il n’est pas plus conséquent que le précèdent, il ne peut devenir essentiel à fouiller que parce qu’il est pratique dans les propriétés du Général Jean Jan de Jugon.

On assure que c’est dans ces souterrains, surtout les deux premiers, que les émigrés, les prêtres et les principaux chefs de chouans se retirent lorsque les troupes républicaines font quelques mouvements.

Pour réussir plus complètement dans les fouilles que ces découvertes nécessitent, il serait peut-être utile de commencer la battue dans les districts environnants le nôtre, avant d’y agir, si les circonstances forcent à opérer moins en grand on pourra bien ne point réussir du tout. Au reste avant de se mettre en mouvement dans ce district, il me parait indispensable de s’assurer de bons guides et d’obtenir quelques indications précises sur les entrées et les débouchés de ces souterrains, afin qu’une fois à besogne il n’y ait plus à tâtonner.

On dit Lantivy grièvement blessé à la dernière escarmouche sur la grande route de Locminé, je saurai peut-être ces jours-ci le lieu où il s’est réfugié. On m’a prévenu que depuis une décade les déserteurs abondaient dans notre arrondissement que de tout cotés ils venaient se réunir aux chouans, si on ne les prévient avant peu, ils tenteront quelques coups d’éclat.

Dernièrement j’eus l’occasion d’écrire au procureur de la commune de Baud et de l’avertir que les chefs chouans allaient souvent chez la veuve Corininan, au village de Kerguen en Guénin. Je vous prie citoyen, de donner ce renseignement au commandant du cantonnement de Baud pour qu’il fouille cette demeure à la première occasion, un gendarme lui servira de guide.

Salut et fraternité, signe LE BARE

(1) 18 novembre 1795

3- Une autre preuve, 1939, un autre souterrain

En labourant un champ M. Le Strat, cultivateur au village de la Villeneuve, a mis au jour une galerie souterraine renfermant des vestiges anciens. Des fouilles vont être entreprises pour arracher son secret à la terre.

A ce sujet je n’ai rien trouvé de plus et la seconde guerre a débuté quelques mois après… Les fouilles n’ont peut-être jamais eu lieu et ici il s’agissait peut-être d’un autre type de galerie.

Conclusion

En conclusion les souterrains ont existé et des morceaux doivent encore être là, intacts. La distance de Kerveno à St Thomas (où était le presbytère) et l’église paroissiale est très longue, c’était un parcours impressionnant qui n’a pas encore livré ses secrets.

Remerciements

Merci à Anthony Le Brazidec pour les photos du document de Le Bare et à noter encore que les parties 1 et 3 sont extraites du livre de M Charles Floquet.

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